Le discours de Cléopatre chez Lucain (B. C. X, 53-110): une rhétorique de la torpeur pour une réception efficace

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Fecha
09/2011
Editorial
Société d'Études Latines de Bruxelles
Revista
Latomus
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ISSN
0023-8856
eISSN
2294-4427
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Idioma
Francés
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Resumen
Au livre X de la Pharsale, Lucain présente la rencontre entre César et Cléopâtre, deux êtres de pouvoir dont naîtra une passion inquiétante. Le point de départ de ce sentiment bouleversant est la parole, voire le discours que la reine d’Égypte tient devant César (X, 85-103) pour lui demander une partie de l’héritage de ses aïeux. Cléopâtre s’instaure véritable orateur romain de la rhétorique psychagogique (1 ) : son discours met en scène un savoir-agir sur l’esprit et le coeur du destinataire du message qu’elle installe dans un état de réceptivité fait de charme efficace et de pouvoir de pénétration. Mieux encore : si sa rhétorique est un exercice d’éveil ou de réveil du désir puisqu’elle représente la parole interrogée dans son rapport au désir de celui qui écoute, Cléopâtre réussit à maîtriser les principes fondamentaux de cette technique qui repose sur l’exploration du persuasif. De ce fait, elle exerce sur César une séduction de torpeur qui, comme le dit Quintilien, fascine pour mieux tromper (2 ). Plus précisément, elle incarne le principe romain d’une actio entendue comme une certaine éloquence du corps capable de produire l’accord du récepteur.
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